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Iridium

Iridium, téléphonie par satellite

Le consortium Iridium, premier réseau mondial de télécommunications cellulaires par satellite, fut créé dans les années 1980. Lancé par la société Motorola, Iridium était à l’origine un pari technologique fou : faire tourner près de 80 satellites à haute vitesse en orbite basse autour de la Terre pour téléphoner depuis n'importe où, en particulier dans les zones non couvertes par le GSM. Contrairement à d’autres systèmes de téléphonie par satellites qui exploite un réseau de satellites géostationnaires, Iridium n'affiche aucune zone d'ombre : on peut téléphoner à l’aide d’un petit combiné depuis le pôle Nord jusqu'au pôle Sud, en passant par l'équateur.

 

Iridium avait été le premier opérateur de téléphonie cellulaire par satellite à ouvrir son service fin 1998, devançant l'offre de Globalstar dans laquelle sont parties prenantes France Télécom et Alcatel. Réussi sur le plan technologique, le succès commercial ne fut pas à la hauteur, engendrant de grosses faillites financières. En effet, la rapide extension des zones couvertes par le GSM a mis très vite la société Iridium en difficulté, la vente des terminaux et des abonnements ne compensant pas l'énorme coût des lancements et de l'exploitation. Il reste de cette aventure industrielle une constellation de satellites artificiels, près de 80, qui sillonnent le ciel en permanence au dessus de nos têtes.

 

Description générale

Le système de satellites Iridium est un système global de communication utilisant une constellation de satellites défilants. Il permet de communiquer sur toute la Terre entre des terminaux mobiles, terrestres ou maritimes, et des fournisseurs d'accès. Des canaux de téléphonie et de données sont disponibles, à partir de terminaux portables ou fixes. Il est actuellement utilisé principalement par les journalistes, les navigateurs, les organisateurs de rallyes ou d'expéditions, et les militaires américains.

La constellation initialement prévue de 77 satellites a été réduite à 66 actifs (sans compter les satellites de rechanges en orbite et sur terre). Elle permet d'être en communication avec au moins un satellite sur toute la Terre à un moment quelconque. L'utilisation de satellites en orbite basse à 800 km d'altitude permet de minimiser les allers-retours du signal, ce qui améliore grandement la qualité perçue de l'appel téléphonique. Une particularité du système est la communication entre satellites des messages à acheminer, ce qui permet une couverture mondiale avec un minimum de stations au sol, contrairement au système Globalstar par exemple.

Deux stations de communication et de contrôle assurent le lien avec les services terrestres. L'une d'elle située à Hawaï est dédiée entièrement aux communications militaires qui utilisent d’ailleurs la moitié de la capacité du système, tandis que l'autre sert aux communications civiles.

Iridium utilise des canaux numériques à débit fixe, et des vocodeurs à forte compression pour la transmission de parole. Une liaison téléphonique par Iridium se reconnaît à la distorsion caractéristique du vocodeur, ainsi qu'aux temps de latence dus aux relais entre satellites.

 

Les points forts du système Iridium

Iridium a peu de concurrence : au delà de l'originalité de son modèle technologique, le système imaginé par Motorola affiche des caractéristiques étonnantes. Un téléphone Iridium ne pèse que 300g et est utilisable très rapidement car il n’est pas nécessaire de l'orienter vers un satellite contrairement à d’autres systèmes concurrents.

Iridium remporte également la bataille des tarifs : un combiné coûte près de 1 000 euros, soit près de 4 fois moins que ses concurrents. Une communication Iridium coûte désormais 1,5 dollars la minute. De plus, les tarifs tombent à un demi dollar lorsqu'on appelle depuis un téléphone Iridium vers un autre téléphone Iridium.

 

Les points faibles du réseau Iridium

Ce système a deux défauts : sa qualité de service et son taux de transfert de données. Iridium éprouve encore parfois des difficultés à passer d'un satellite à l'autre, ce qui peut provoquer des coupures occasionnelles. Signalons au passage que les téléphones satellites ne sont pas conçus pour la ville : ils fonctionneront rarement dans une rue étroite.

Mais c'est surtout au chapitre des transferts de données que le système Iridium se retrouve à la traîne : en effet, celui-ci plafonne à 9 Kbit/s pour 1,5 dollar la minute, là où ses concurrents proposent un flux jusqu’à 64 Kbit/s pour environ 6 dollars la minute.

Pour la téléphonie, Iridium n'a finalement que deux concurrents : le GSM, pour lequel il est possible de souscrire à un abonnement mondial au téléphone mobile traditionnel, et Globalstar. Mais les tarifs du GSM sont souvent moins intéressants que ceux d'Iridium, et même si la plupart des pays du monde sont couverts par le GSM, les zones se limitent souvent aux villes et à leurs environs.

 

Renaissance du réseau Iridium

Donné pour mort en 1999, Iridium a su renaître, grâce notamment au gouvernement américain. On peut encore téléphoner depuis les zones les plus reculées grâce à un réseau de satellites en orbite basse, d'autant que les tarifs ont considérablement baissé.

Comptant en 2007 près de 200 000 abonnés, le réseau Iridium reste bel et bien sous-utilisé. Mais de ce fait, la durée de vie du réseau a été prolongée de quatre ans. La constellation actuelle de 66 satellites est donc censée rester opérationnelle au moins jusqu'en 2014, mais beaucoup de satellites devraient êtres encore en service à l'horizon 2020. La société d'exploitation Iridium prévoit de mettre sur orbite, pour une mise en service vers 2016, une nouvelle génération de satellites avec une plus importante bande passante. Ce nouveau système sera rétro-compatible avec le système actuel.




Rubrique rédigée en août 2007 par Yoann Lelievre (INSA Rennes) pour le Groupe Régional de Recherche en Micro-ondes (G2RM).

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